La décharge de Steung Mean Chey dans les quartiers sud de Phnom Penh |
Les maisons autour de la décharge |
Hommes à la décharge |
Femmes allant à la décharge |
Une matrone qui paye les chiffoniers et leur trésor |
Le matin sur la décharge |
Famille au travail |
Les femmes travaillent plus que les hommes... |
Dans les fumées putrides de la décharge |
La pose.... |
Autour du repas, la maison installée au milieu de la décharge |
Le repas |
Certains enfants jouent tranquillement à côté de leur mère |
Une image d'un autre monde |
Les campements sur la décharge |
L'agitation de la fourmilière... |
Sur la colline |
Je ne connaissais pas encore ce genre d'endroits d'un autre monde, une espèce de monde de cauchemar, effrayant, scandaleux, révoltant comme on imagine qu'il ne peut exister !!
Et pourtant tous les matins, alors que le jour n'était pas encore levé, des centaines d'enfants travaillaient sur la décharge de Steung Mean Chey dans les quartiers sud de Phnom Penh pour essayer toute la journée de gagner quelques riels pour faire vivre leur famille. Ils habitaient avec leur familles sur la décharge même dans des maisons en bois et en toile. Lorsqu'un camion poubelle arrivaient, ils se précipitaient derrière pour être les premiers à fouiller les ordures déversées par les camions, leurs mains nues plongées dans un magma écœurant et fumant, certains avec des bottes, d’autres pas, d’autres simplement en tong ou pied nus. Sous un soleil de plomb, les pieds dans les déchets puants, ils cherchaient tout ce qui pouvait se recycler et être revendu (carton, du plastique et de l’aluminium), pour un prix dérisoire. La plupart ont les cheveux roux, et des ventres gonflés par la malnutrition, ainsi que des problème de peau.
La décharge de Phnom Penh fume en permanence. Une fumée qui prend à la gorge. On parle de nombreux cas d’enfants malformés en raison d’émanations de dioxine, mais aussi des maladies telles que le typhus, tétanos ou encore la malnutrition. En résulte que le taux de mortalité infantile du Cambodge en 2005 est le plus élevé d'Asie du Sud : 14,3 % des enfants cambodgiens meurent avant d'atteindre l'âge de 5 ans et 9,8 % meurent avant 1 an (source : Unicef, 2005). En 2006 en Asie, le nombre d’enfants de 5 à 14 ans qui travaillent est évalué à 122,3 millions.
Bouleversées par ces images insoutenables, un couple de Français, Marie-France et Christian des Pallières, qui faisaient le tour du monde en camping car, décident de créer en 1995 une école à proximité de la décharge et de scolariser ces enfants en difficultés. Ce sera le projet « Pour un Sourire d'Enfants ». Aujourd'hui, on ne trouve quasiment plus d'enfants sur la décharge.
Tous les matins, l'association sert à 6h30 plusieurs centaines de repas à deux pas de la décharge. La paillote est un lieu aménagé pour permettre aux enfants de se laver, de se nourrir, de se reposer ou de se faire soigner.
Résultats En 2007, environ 4 000 enfants sont pris en charge quotidiennement, 800 enfants sont scolarisés dans le centre de rattrapage de PSE et 3 000 dans 7 établissements publics de la ville, 70 filles sont pensionnaires au centre, 150 filles et garçons sont accueillis dans 42 familles d'accueil, 400 jeunes ont déjà terminé leur formation professionnelle et ont trouvé un emploi, 800 autres sont en cours de formation. Entre 10 000 et 15 000 repas sont servis chaque jour, 340 personnes sont salariées de PSE, dont 330 Cambodgiens, parmi eux, 115 sont enseignants.
Efforts récompensés par l’accession de plus en plus d’élèves, sortis les uns et les autres de la décharge, à des cycles d’études supérieures, médecine, droit, commerce…
Aujourd'hui la décharge va disparaître prochainement pour faire la place à un parc qui sera financé par un fond japonnais.
Reportage photo réalisé en décembre 2008
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